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Les origines du karaté

Les origines du karaté

Par Marc Brindamour

Il faut remonter à la préhistoire pour trouver les premières références au combat à mains nues. Cependant, les premières traces d'un système organisé de ce genre de combat nous ramènent en Chine, entre 770 et 480 avant Jésus-Christ. Il est alors question de "la maîtrise des techniques de combat des mains" au sein de l'armée.

Évidemment, il ne s'agit pas encore du karaté tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le karaté sous ses formes actuelles a plusieurs ancêtres dont il faut parler pour pouvoir comprendre les origines de cet art martial et du nom qu'on lui a donné.

Kung-fu, Okinawa-te et Shuri-te

Il y eut d'abord le kung-fu, art de combat d'origine chinoise basé sur les principes philosophiques du taoïsme, du bouddhisme et sur les mouvements de cinq animaux: le dragon, le tigre, la mante religieuse, le serpent et la grue. Les mouvements du kung-fu sont surtout circulaires et priviligients l'harmonie. Le kung-fu s'est rapidement répandu à travers la Chine pour donner naissance à plus de 360 styles différents.

Okinawa est l'île principale de la chaîne des îles Ryuku, qui s'étendent entre le Japon et Taiwan (Chine) dans la mer de Chine orientale. Les premiers contacts entre la Chine et Okinawa s'établissent aux environs de l'an 600 de notre ère. L'île subira plus tard la domination chinoise pendant plusieurs siècles, durant lesquels l'influence des techniques de combat chinoises se feront sentir. Cependant, avant même que les Chinois et le kung-fu ne débarquent à Okinawa, il existait déjà un art martial local nommé te, qui signifie "main". Le te se caractérise surtout par l'utilisation des pieds, des poings, des coudes, et du tranchant de la main.

En 1761, alors qu'Okinawa est passée sous la domination des Japonais, un émissaire chinois du nom de Kunsanku vient y faire une démonstration des techniques de combat chinoises, fortement imprégnées de kung-fu. Ces techniques influencent Sagakawa (1733-1815), un expert en arts martiaux originaire de Shuri, une des principales villes d'Okinawa. Sagakawa met alors au point un système de techniques de combat mariant l'enseignement de Kusanku et les techniques du te traditionnel: l'okinawa-te.

Vers 1820, Sokon Matsummura (1796-1882), formé par Sagakawa, fonde une école d'un style nommé shuri-te, du nom de sa ville natale. Ce sont ses élèves qui feront connaître au monde entier l'art martial d'Okinawa.

Yasutsune Itotsu popularise le shuri-te: on lui doit les katas pinan. En 1922, Gichin Funakoshi et Choki Motobu vont à Tokyo et à Osaka pour présenter les techniques de combat d'Okinawa au grand public. En 1931, elles sont officiellement reconnues par le Butoku Kai japonais, un organisme chargé d'identifier et de systématiser les arts martiaux au Japon. C'est en 1933 que l'art martial d'Okinawa prend l'appellation de "karaté" (notamment grâce à Gichin Funakoshi): l'art martial de la main (te) vide (kara).  Cette appelation remplace l'appellation précédante qui signifiait "mains chinoises". On lui rajoute alors le symbôle do qui signifie "la voie". On retrouve ainsi les symbôles désignant le karate-do ou "la voie de la main vide".

Gichin Funakoshi

Gichin Funakoshi


Karate-do
Karate-do

Depuis, les écoles et les styles de karaté ont proliféré aux quatres coins du globe. Presque chaque école qui voyait le jour adoptait un nom de style particulier afin d'honorer les grands maîtres d'origine.

Le style shorin-ryu

Shorin-ryu signifie "le style (ryu) de la forêt des pins (shorin)". Il origine lui aussi de la ville de Shuri à Okinawa . Les style shorin-ryu se divise lui-même en quatre branches principales, fondées au cours de la première moitié du siècle: Shobayashi, Matsumara orthodoxe, Kobayashi et Masubayashi.

Un des styles Shorin-ryu est le shito-ryu, qui fut en partie développé et introduit au Japon par Kenwa Mabuni (1889-1954).

Kenwa Mabuni
Kenwa Mabuni

On doit à la branche Shobayashi la transmission des katas passai, chinto et kusaku et à celle de Kobayashi l'introduction katas fukyugata, les katas les plus simples.

Les dix-huits katas du style shorin-ryu sont répertoriés et photographiés dans "The Essence of Okinawan Karate-Do" de Shoshin Nagamine. Cet ouvrage est l'un des plus complets et a été réédité plus de quinze fois.

Le style shotokan

Lorsque le Japon reconnaît officiellement le karaté comme un art martial en 1922, Gichin Funakoshi décide de faire la tournée des collèges et des universités du pays pour y faire des démonstrations. Héritier direct du style shorin-ryu, il ouvre un dojo en 1931 et le nomme Tokyo Shotokan. Le style shotokan était né. Il est en quelque sorte la branche japonaise du shorin-ryu; tout en en conservant les techniques et les katas, le shotokan a subi l'influence de la culture du système scolaire japonais, ce qui en a fait un style bien distinct.

Le karaté en Amérique du Nord

Les Européens ont bénéficié les premiers de l'enseignement du karaté, prédominé par le style shotokan. De là le shotokan a rayonné sur les autres continents; il est aujourd'hui un des styles les mieux organisés du karaté moderne.

Divers canaux contribuèrent à répandre le style shorin-ryu en Amérique. D'une part, plusieurs karatékas américains ont séjourné à Okinawa afin de parfaire leur technique et en ont rapporté le shorin-ryu. D'autre part, des maîtres d'okinawa sont venus ouvrir des dojos aux États-Unis. C'est le cas D'Ansei Ueshiro, venu s'établir à New-York en 1962. Il a formé plus d'une centaine de ceintures noires et contribué au rayonnement de la branche Matsubayashi du style shorin-ryu.



Un résumé vidéo de l'histoire du karaté d'Okinawa (en anglais)